Un lazaret représentant plus de 1000 ans d'architecture

   Vers 1820, les ports de Marseille font face à une épidémie de fièvre jaune, maladie peu connue, qui risque de paralyser le commerce. D'importants moyens financiers sont engagés pour perfectionner le système de quarantaine déjà existant. Les îles du Frioul deviennent le cœur de cette ceinture sanitaire tout au long du XIXème siècle. L'Archipel du Frioul est constitué des îles de Pomègue, Ratonneau, Château d'If et l'îlot Tiboulen du Frioul. L'Etat ordonne la construction de la Digue Berry, reliant Pomègues à Ratonneau, pour créer un nouveau bassin de quarantaine, le port Dieudonné (actuel port du Frioul), d'une superficie de 25 hectares. Un établissement sanitaire, issu des pensées hygiénistes les plus radicales, tant au niveau des soins qu’au niveau de la surveillance (enceinte infranchissable et règlement intérieur proche de celui d’une prison), est commandé à Michel-Robert Penchaud (1772 - 1833), architecte de la Ville de Marseille. Il sera le concepteur de l'Hôpital Caroline. En 1828, l’Hôpital insulaire est inauguré. Véritable temple dédié à la médecine, il est nommé Caroline en hommage à Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, princesse des Deux-Siciles, épouse du Duc de Berry. Composé de 12 pavillons, aux fonctions bien distinctes, le site est une parfaite synthèse de plus de 1000 ans d’architecture.

 

   Le site est resté longtemps à l’abandon mais aujourd’hui un projet de restauration est entrepris avec l’association Acta Vista. Celle-ci organise des chantiers d’insertion professionnelle pour la restauration de patrimoine. Le projet actuel concerne la reconstruction du pavillon du « Chevalier Roze ». Le Chevalier Roze, de son nom Nicolas Roze (né en 1675 et décédé en 1733 à Marseille) fut un des nobles qui s'était particulièrement distingué en 1720 lors de la peste à Marseille.

 

Classement patrimoine et insertion
  • Ile du Frioul
  • Pavillon Chevalier Roze